T’es une ordure, t’es une bouteille à moitié entamée jetée violemment sur le sol, t’es le bruit d’un verre vide lancé contre le mur, t’es le cri assourdissant d’une rage inexprimable, t’es le bruit d’un briquet qui allume une cigarette. T’es l’odeur du café le matin, t’es la douleur dans la poitrine, t’es le silence dans les yeux, t’es le soupir d’une tristesse. T’es le chant des oiseaux que l’on entend tôt le matin, t’es une insomnie répétée, t’es les souvenirs incessants se cognant contre les parois de doigts qui tremblent. T’es un énième verre d’alcool, t’es une vingtième cigarette, t’es un rire innocent, t’es la danse sous les néons bleus, t’es un visage relevé emporté par la musique. T’es un baiser avec un inconnu, t’es un regard échangé, t’es une main l’une dans l’autre. T’es le regret amer, t’es un appel manqué, t’es un SMS sans réponse. T’es une pensée contre une vitre, t’es le pas trépident et pressé, t’es la nuit tardive, t’es le bruit de mes talons quand je suis énervée. T’es un livre entamé, t’es un journal intime gribouillé, t’es une photo déchirée. T’es le désespoir en plein repas, t’es le fouet quand tout va bien. T’es l’hiver qui s’installe, t’es le froid sur mon visage, t’es le souvenir d’une chaleur, t’es un soleil froid. T’es un rêve, t’es une présence, un cauchemar éveillé. T’es mon humeur, t’es mon sourire, t’es mon cri, t’es mes pleurs. T’es mon réveil dans l’après-midi, t’es mon attente. T’es ma peur, t’es ma terreur, t’es mon sans-lendemain. T’es une idée, t’es le martyr, t’es l’agonie. T’es le vide qui s’installe, la solitude au milieu d’une foule. T’es une histoire inachevée. T’es ma musique préférée, t’es une cassette cassée. T’es un dessin au fusain, t’es mes mains noires à quatre heures du matin. T’es une nuit blanche, une journée noire, t’es une étoile sombre, t’es une station ratée. T’es un terminus. T’es un coup de foudre, t’es la fin de l’innocence. T’es la fin d’une naiveté, t’es la fin de l’adolescence. T’es l’immaturité, t’es une bouteille de Sobieski volée. T’es la rue Charles Baudelaire, t’es le canal Saint-Martin. T’es un cendrier en bouchon de bière, t’es une parole volée. T’es une poursuite de six mois, t’es une bouteille de rosée au petit matin. T’es une confidence, t’es un ami. T’es un allongé hebdomadaire, t’es mon sourire. T’es le rire d’une môme emportée dans un manège, t’es le fou rire incessant de la peur, t’es le visage perçant qui s’endurci. T’es le regard apeuré, t’es un appel au secours. T’es le mensonge, t’es l’égoïsme. T’es l’année 2015. T’es un départ furtive quand tu t’endors, t’es un claquement de porte. T’es une excuse, t’es un prétexte. T’es l’abandon de mon être. T’es une plainte, t’es une idylle. T’es un va-et-vient, t’es un bisou sur la bouche hors du lit. T’es le début d’une tragédie, t’es l’héros de l’Odyssée. T’es mon souffle coupé, t’es le bruit d’une cigarette écrasée contre un cendrier. T’es une chatouille, t’es une gifle, t’es le visage que l’on découvre en ouvrant les yeux, t’es la sérénité, la quiétude, t’es le déroulement. T’es une engueulade, t’es une soirée ratée. T’es une danse sans toi, t’es une discussion ambiguë. T’es la rage, t’es la colère, t’es la moquerie. T’es mon premier je t’aime. T’es l’avenue Daumesnil, t’es ta marche précipité quand tu es énervé. T’es la non-attente, t’es la foutaise. T’es l’acharnement meurtri. T’es la haine, t’es l’amour, t’es la passion, t’es un pathos. T’es je t’aime, t’es je te hais. T’es un vol raté, t’es mon élan dans le métro, t’es mon élan dans la gare, t’es mon élan à l’aéroport. T’es ma perte, ma peur, t’es une illusion. T’es mon cri, t’es un visage dépité. T’es Berlin, t’es Ulrich, t’es Zoologischer Garten, t’es Charlottebrunner Staße, t’es Oliver, t’es un microwave, t’es une crispy pizza, t’es un fou rire, t’es l’Auberge Espagnole. T’es les rues sombres de Berlin, t’es la main que je tiens. T’es mon épaule dans le bus. T’es mon récit, t’es mon souvenir. T’es mon tourisme, t’es ma ville, t’es mes cigarettes. T’es la passion effleurée, t’es le coeur qui bat, t’es l’apogée. T’es mon Clyde, je suis ta Bonnie. On est Dean et Cindy, on est Bébé et Johnny, on est Amy et Nick, on est Murphy et Electra. On est l’impossible dans le possible, on est le sacrilège de la haine. On est l’enfantinage, on est la plainte d’un gosse qui crie au milieu d’une récréation, on est l’exaspération. On est le soupir permanent, on est l’ivresse de la colère, on est le summum de l’acharnement. On est le silence. T’es des lettres, t’es un supplice. T’es l’amour, t’es la sécurité. T’es une permanente. T’es l’idéal, t’es le mensonge, t’es un secret, t’es sans pitié. T’es ton regard dans le mien, t’es un cendrier plein. T’es ma timidité, ma gêne, mon jardin. T’es une porte fermée, t’es un inconnu qui refuse de toquer. T’es un masque, un sacrement, t’es le cri de Marie aux genoux de Jésus, t’es une église qui se vide, t’es le diable qui danse, tu ne t’appelles pas Adam, mais t’as croqué dans ma pomme. T’es la genèse de la fin. T’es l’adultère, t’es le fruit de notre société. T’es mon narcissisme, ma schizophrénie. T’es mon arrogance, t’es mon dédain, t’es mon égoïsme. T’es ma manipulation, t’es mon apparence. T’es mon couché fracassant, t’es mon idée de n’être rien. T’es la foutaise, t’es l’intelligence rusée, je ne suis pas Pénélope. T’es la voix sombre de Gainsbourg, t’es la nonchalance de Salinger, t’es un paquet de clope vide. T’es le bruit maladroit d’une môme qui pleure, t’es ta démarche sur le parquet. T’es un lit défait, t’es la petite mort qui se dégage de ma gorge. T’es notre ivresse. Notre monde. T’es les rues que l’on a dévasté, t’es la rue de Charonne, t’es l’avenue Ledru-Rollin, t’es la place de la Bastille. T’es nos larmes dans le métro, t’es le supplice de la séparation. T’es un câlin prolongé, t’es ma chemise sur mes épaules. T’es ma voix suffocante, t’es mes mains qui tremblotent. T’es une promesse non-tenue, t’es mon idéal jamais retenu. T’es Lela, Lolita, Ibrahim, Nadja. T’es un café à Paris, t’es une friperie à Berlin. T’es un voyage à Prague, t’es un voyage en Suède, en Finlande, au Norvège. T’es la Pologne. T’es ma famille. T’es une histoire inachevée. T’es la facilité. T’es ma pensée sur une plage en Espagne, t’es des appels, t’es des SMS non-lus, t’es la foutaise, t’es l’amour, t’es le manque, t’es le vide. T’es sur le visage des espagnols, t’es les corps qui me tiennent, t’es les conversations incessantes autour de moi. T’es un traitre. T’es la douleur. T’es le non-respect. T’es la passion arrogante, t’es une blague du destin. T’es mon questionnement permanent, t’es l’envie d’une rupture, t’es l’envie de la passion, t’es la main qui me retient, c’est ta main que je tiens. T’es ma chute libre. T’es la furie des passants dans les rues victimes d’un attentat, t’es la peur stridente de bouteilles de vin. T’es mon 11 septembre. T’es un pervers narcissique, t’es l’ahurissante folie d’aimer à dix-neuf ans. T’es la perte de contrôle, t’es la perte de moi-même. T’es mon miroir cassé, t’es nos années de malheur. T’es notre bonheur. T’es mon syndrome de Stockholm. T’es une rupture jouée, t’es un Oscar mérité. T’es un café refroidi, t’es le silence, t’es quelqu’un d’autre. T’es l’apparence, t’es superficiel, t’es un rire différent. T’es un non-bavard, t’es un garçon dans le lit de toutes les filles. T’es un piètre dragueur. T’es un torturé. T’es une nuit réconfortante, t’es un tu m’as manqué, t’es éphémère. T’es une torture, t’es une guerre. T’es une bataille. T’es l’agonie sur le front. T’es un cimetière de coeurs brisées. Je suis ta meilleure amie, ton amie, ta soeur, ta copine, ton amante. Je suis à ton chevet, les genoux sur le sol, la tête posée près de toi. Je t’entends, je t’écoute, je suis là. J’ai des cicatrices partout, je suis blessée. Tu pourrais me briser le coeur en milles morceaux encore une fois, je serais capable de ramasser ce qu’il en reste pour te les remettre dans la main. Je me déteste d’avoir le courage de penser encore que tu es une bonne personne. Je sens ton odeur sur tous les passants, j’entends ta voix dans chaque garçon, je sens tes lèvres sur toutes celles que j’embrasse. Je ne t’aime plus quand je te vois, je ne t’aime que quand lorsque durant une minime seconde j’arrive à lever ton masque. Je ne t’ai jamais aimé pour l’image que tu renvoies de ta personne, ni même pour les raisons pour lesquels tu souhaites odieusement être aimé, crée ta réputation. Je t’ai aimé, je t’aime et je t’aimerai sûrement encore demain pour toutes les sales raisons pour lesquels tu ne peux pas te regarder dans un miroir sans t’hair. C’était toi et moi contre le monde, aujourd’hui c’est toi contre moi. Si notre haine a prit le dessus, laisse-moi t’aimer loin de toi. Je ne peux pas te pardonner de m’avoir remplacé avec une telle facilité. Tu restes la pire et la meilleure chose qui me soit arrivée. Je suis ton pathos, tu es le mien. Je ne peux plus de toi. J’ai la lettre que tu gardes dans ton manteau au cas où tu as un long trajet de métro. Elle me fait sourire. On était si loin d’aujourd’hui.
What have we done to each other ?
Tu t’es lassé nous comme on se lasse d’une chanson. Tu restes ma chanson préféré. Je ne sais pas ce qui adviendra, je ne sais pas qui l’on deviendra, je ne sais pas quand est-ce que l’on se reverra, si tu m’apporteras une quelconque réponse. Je ne sais pas ce que tu veux que l’on fasse, je ne sais pas qui tu veux être, quel chemin tu prendras, mais sache que je sais qui je suis, je sais ce que je vaux et ce que je veux. Ce n’est plus mon tour. Si tu ne t’es pas trompé en disant que l’on finirait notre vie ensemble, que nous étions faits l’un pour l’autre, je veux bien te croire. Quand tu seras prêt, retrouve-moi. Peu importe où je serai, tu sauras toujours où me trouver. Peut-être que je serai prête aussi.